Saudade
Un brief fictif, un artiste inventé, un mot portugais intraduisible. Pas tout à fait de la tristesse, pas tout à fait de la joie. Quelque chose entre les deux, quelque part entre Rio et ici.
Le besoin
Créer de toutes pièces l'identité et la cover d'album d'un artiste fictif de bossa nova brésilienne. Nom, univers, image : tout était à inventer.
La solution
Saudade. Un artiste qui porte son intention dans son nom, et une identité visuelle construite autour des emblèmes discrets de la culture brésilienne, ceux qu'on reconnaît sans forcément pouvoir les nommer.

Saudade, Ça veut rien dire en français. Et ça dit tout.

Saudade, en portugais, c'est un sentiment qui n'a pas d'équivalent. C'est la nostalgie, mais avec de l'amour dedans. L'absence de quelqu'un ou quelque chose qui était là. Un vide qui ne fait pas que faire mal, il rappelle aussi que ça valait le coup.
Pour construire l'univers de cet artiste, je me suis plongée dans le Brésil du quotidien. Pas la carte postale, même si la carte postale est magnifique. Les tables en plastique des bars de rue, les coco americano, la bossa nova qui sort d'une radio quelque part. Et les orelhão, ces cabines téléphoniques en forme de coque jaune, emblématiques du paysage urbain brésilien depuis les années 70, et qui disparaissent doucement avec les smartphones. Un objet déjà nostalgique en lui-même.
L'image de la cover, c'est un homme au téléphone dans un orelhão. Le choix n'est pas anodin : on appelle quelqu'un quand il nous manque. La saudade, c'est exactement ça. Un coup de fil vers une absence. Et cet objet lui-même est en train de devenir une absence, une chose qu'on ne verra bientôt plus qu'en photo.
Sur le vinyle, j'ai reproduit le motif des pavés de la plage d'Ipanema, ces vagues noires et blanches qu'on reconnaît sans savoir d'où elles viennent. La bossa nova et Ipanema sont indissociables, et ce motif c'est littéralement le sol sous lequel elle est née. Le poser sur le vinyl, c'était lui donner un sens supplémentaire.



